Au lycée dans les années 1900 à 1925

samedi 16 avril 2016

Un témoignage émouvant et pittoresque de Michèle DEPREUX, la petite-fille de Marie-Louis Parfait SERVANT,concierge du lycée de 1904 à 1923

Mon grand-père a été concierge au lycée de 1904 à 1923 année de son décès. J’ai trouvé sur internet, (JO du 27 juillet 1921) qu’il avait reçu la médaille d’honneur en argent du ministère du travail, pour 34 ans de services. Sans doute ses états de service figurent-ils dans les archives du lycée ? D’après sa fiche de recensement, il a travaillé au lycée d’Aurillac et aussi à celui de Limoges, avant de revenir à Poitiers. Il était concierge, mais d’après ce que racontait Papa, il faisait également la cuisine, Papa admirait sa dextérité quand il faisait paraît-il sauter les omelettes une poêle dans chaque main. Il faisait également fonction de garçon de laboratoire, il avait d’ailleurs collationné dans un calepin noir, des formules pour fabriquer toutes sortes de produits. Ce petit carnet a malheureusement disparu.

Photo du personnel vers 1900

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Quand mon père est né, ma grand-mère a dû le mettre en nourrice, car il ne fallait pas de bébé dans la loge . Je ne sais pas quelles étaient les fonctions de ma grand-mère au sein de l’établissement, car après le décès de mon grand-père elle a continué à travailler mais elle n’y était plus hébergée, et rentrait tous les soirs à Dissay. Je ne sais pas quelles étaient ses fonctions au Lycée à ce moment-là.

Quand mon père a été plus grand, il a vécu au lycée, jusqu’au décès de son père. Sa grande joie étaient les vacances, car le lycée lui appartenait tout entier. Il en connaissait tous les recoins. Il faisait visiter la chapelle, où il montrait la croix gravée au sol, endroit où un ouvrier était tombé. Les visiteurs lui laissaient parfois une pièce, ce qui lui faisait son argent de poche. Il faisait partie de la classe d’escrime ainsi que son frère Édouard.

La classe d’escrime

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Photo de famille

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Sur la photo de famille prise dans la cour du lycée, il y a mon grand-père, ma grand -mère, mon arrière-grand-mère ainsi que ma tante et mon oncle. Mon père n’y est pas (enfin presque...) ma grand-mère l’attendait, je pense que cette photo a été prise peu de temps avant la naissance de mon père (né le 23 mars 1908) j’ai remarqué que les rosiers du massif sont en fleurs. ...

À cette époque les élèves n’étaient pas toujours très sérieux !!!

• Il y avait un professeur de physique (je crois) toujours en blouse blanche, qui avait l’habitude de se laver les mains à la fontaine de la classe en regardant les élèves, sans se soucier de ce qu’il faisait ! Bien sûr les élèves l’avaient repéré, et ils n’avaient rien trouvé de mieux que de remplir le réservoir de la fontaine avec leurs encriers !!! Je ne sais pas si c’est ce même professeur, qui avait l’habitude de leur dire :" vous prenez un tube métallique en verre et vous mettez de la benzine incolore couleur jaune".... Pas étonnant que les élèves lui fassent des farces.

• Un pauvre simple d’esprit avait l’habitude de venir embrasser la porte de la chapelle, et ces garnements n’ont rien trouvé de mieux que de badigeonner cet endroit avec des excréments de chiens !!!

• Un professeur a eu la désagréable surprise en ouvrant sa porte le matin, de se trouver face à un mur que les élèves avaient dressé pendant la nuit !

• Il y avait un surveillant que les élèves appelaient "Pépé" c’était paraît-il un brave homme. Un jour un petit chat s’était retrouvé au milieu du bassin de la cour d’honneur ; alors ce brave homme a pris une grande planche et a été le rechercher, mais c’était sans compter sur la malice des enfants (je me demande si mon père n’en faisait pas partie), quand "Pépé" a été au milieu du bassin, ils ont ouvert l’eau !!!

• Cela m’amusait beaucoup d’entendre Papa raconter toutes ces anecdotes. J’en ai sans doute oublié, mais celles-ci étaient celles qui m’avaient le plus marquée. À part les descendants des élèves de cette époque plus personne ne peut témoigner maintenant des moments heureux ou douloureux passés dans cet établissement si riche de mémoire historique. Papa se rappelait des soldats blessés de la guerre de 14 qui étaient hébergés dans le lycée transformé en hôpital, il aimait discuter avec eux, cela devait les distraire de bavarder avec un petit gamin.

Je vous prie de m’excuser de vous raconter tout cela, mais ces souvenirs familiaux sont aussi dans une certaine mesure ceux du lycée.

Bien cordialement.

Michèle Depreux.


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